Une semaine dans le Finistère, est-ce suffisant ? Oui, à condition de bien choisir son point de chute.
Le Finistère Sud concentre sur un territoire compact tout ce que la Bretagne a de plus spectaculaire : la cité des peintres de Pont-Aven, la Ville Close de Concarneau, les eaux turquoise de l’archipel des Glénan, les falaises de la Pointe du Raz et les ruelles pavées de Locronan.
Plutôt qu’un road trip qui vous fait changer d’hébergement tous les soirs, cet itinéraire d’une semaine fonctionne en étoile depuis un camp de base à Névez, au cœur du pays de l’Aven : chaque matin, une nouvelle journée de visite ; chaque soir, le retour au calme face à la mer. Voici le programme jour par jour, avec les incontournables, les variantes et tous les conseils pratiques.

Pourquoi ne pas rayonner depuis un camp de base plutôt qu’enchaîner les étapes ?

La plupart des itinéraires d’une semaine dans le Finistère vous
font faire et défaire la valise cinq ou six fois.
C’est du temps perdu en check-in, en chargement de voiture et en logistique, du temps pris sur les plages, les sentiers et les crêperies.
Le pays de l’Aven, entre Concarneau et Pont-Aven, occupe une position idéale pour rayonner : Concarneau est à une vingtaine de minutes, Pont-Aven à un quart d’heure, Quimper à environ 45 minutes, et même la Pointe du Raz ou la presqu’île de Crozon restent accessibles en excursion à la journée.
En posant vos valises une seule fois, par exemple à l’hôtel Ar Men Du, les pieds dans l’eau face à l’île de Raguénez à Névez, vous transformez chaque fin de journée en vraies vacances plutôt qu’en transfert.

© Tourisme Bretagne / Léa Guillotte

L’itinéraire jour par jour

Jour 1 — Névez et le pays de l’Aven, la mise en jambes

Pour ce premier jour, inutile de prendre la voiture. Le bourg de Névez et sa côte se découvrent à pied ou à vélo : commencez par les chaumières de Kerascoët, un hameau de maisons du XVe siècle aux toits de chaume admirablement conservées, prolongez vers le village voisin de Kercanic dans le même esprit, puis rejoignez le littoral. La plage de Tahiti porte bien son nom, la grande plage de Raguénez fait face à son île accessible à marée basse, et le petit port de Port Manec’h, avec ses cabines de plage rétro et son phare, offre l’un des plus jolis décors de la côte. Le tout s’enchaîne le long du GR34, le mythique sentier des douaniers. Le soir, si vous êtes en été un jeudi, le marché de producteurs de Névez anime la place de l’Église de 16h30 à 20h, l’apéritif breton parfait pour lancer la semaine.

Découvrez également notre article sur : Que faire à Névez ?

Jour 2 — Pont-Aven, la cité des peintres

À un quart d’heure de Névez, Pont-Aven mérite une journée entière. Ce village entre rivière et moulins a inspiré Gauguin et toute l’école de Pont-Aven ; on comprend vite pourquoi en flânant sur la promenade Xavier Grall, le long des lavoirs, puis en grimpant vers le Bois d’Amour. Le mardi matin, le marché s’installe sur le quai Botrel à la belle saison, l’occasion de goûter les fameuses galettes de Pont-Aven avant de faire le tour des galeries d’art et du musée de Pont-Aven. L’après-midi, deux options : l’anse de Rospico, une crique sauvage nichée entre les falaises où des piscines naturelles se forment à marée basse, ou une échappée vers la ria du Bélon pour déguster les célèbres huîtres plates directement chez les ostréiculteurs.

Jour 3 — Concarneau et la Ville Close

Direction Concarneau, à une vingtaine de minutes. Sa Ville Close, cité fortifiée posée sur un îlot au milieu du port, est l’un des sites les plus visités de Bretagne : remparts, ruelles pavées, maisons anciennes. Le bon plan : se garer côté Lanriec et traverser en bac, trois minutes de mer, et la plus belle des arrivées. Complétez par les Halles, ouvertes tous les jours, et le port de pêche qui a fait la renommée de la ville. Les marcheurs préféreront la version sportive : la randonnée sur le GR34 entre Névez et Concarneau, une journée de sentier côtier entre criques et pinèdes, considérée comme l’une des plus belles portions du Finistère Sud.

Découvrez également notre article sur : Que faire à Concarneau ?

Jour 4 — L’archipel des Glénan, les Caraïbes bretonnes

C’est LA journée que personne n’oublie. À une dizaine de milles au large, l’archipel des Glénan aligne ses îlots autour d’un lagon aux eaux transparentes qui n’a rien à envier aux tropiques. Les Vedettes de l’Odet assurent la traversée en saison (d’avril à fin septembre) depuis plusieurs ports, dont Concarneau et Bénodet, en une heure environ. Seule l’île Saint-Nicolas se visite : plages de sable blanc, sentier qui fait le tour de l’île, eau émeraude pour la baignade. Plusieurs formules existent, de la simple escale libre à la croisière commentée dans l’archipel et en haute saison, réservez plusieurs jours à l’avance, les bateaux affichent vite complet.

Jour 5 — Quimper et Locronan

Cap à l’ouest pour une journée culture. Quimper, capitale de la Cornouaille à environ 45 minutes, se découvre à pied : la cathédrale Saint-Corentin et ses flèches gothiques, les maisons à pans de bois de la rue Kéréon, les faïenceries du quartier de Locmaria et les rives de l’Odet. En fin d’après-midi, poussez jusqu’à Locronan, classé parmi les Plus Beaux Villages de France : une place centrale minérale, des demeures de granit du temps des toiles à voile, des ruelles pavées sans une seule ligne électrique visible. Le conseil qui change tout : y arriver après 17h, quand les cars de touristes sont repartis et que la lumière dore le granit, le village retrouve alors toute sa magie.

Découvrez également notre article sur : Que faire à Quimper ?

Jour 6 — Le pays Bigouden, phares et vagues

Journée iodée au pays des coiffes, à environ une heure de route. Commencez par Penmarc’h et le phare d’Eckmühl : 307 marches et l’un des plus beaux panoramas de Bretagne, du haut de l’un des phares les plus puissants d’Europe. Enchaînez avec les rochers de Saint-Guénolé, sculptés par l’océan, puis la pointe de la Torche, spot de surf mythique entre dunes et menhirs, bordée par la plage sauvage de Pors Carn. En fin d’après-midi, ne manquez pas le retour de pêche au Guilvinec : les chalutiers qui rentrent au port sous les mouettes, la criée qui s’anime, un spectacle authentique et gratuit qui plaît autant aux enfants qu’aux adultes.

Jour 7 — La Pointe du Raz, le bout du monde en apothéose

Pour finir en beauté, la plus longue excursion de la semaine : la Pointe du Raz, à environ 1h15-1h30 de route, tout au bout du Cap Sizun. Ce Grand Site de France offre le paysage le plus spectaculaire du Finistère : des falaises battues par les courants du Raz de Sein, la vue sur le phare de la Vieille et, par temps clair, sur l’île de Sein posée au ras de l’eau. Prolongez par la baie des Trépassés, magnifique croissant de sable entre deux pointes, et par la Pointe du Van, plus sauvage et plus confidentielle. Le retour par Douarnenez et sa baie ferme la boucle, et le dîner face à la mer à Raguénez conclut la semaine comme elle a commencé : les pieds dans l’eau.

© LAMOUREUX Alexandre / Tourisme Bretagne

Un jour de plus ?
Les variantes

Si votre semaine s’étire ou si vous voulez remplacer une étape, trois options s’imposent. La presqu’île de Crozon, à environ 1h30, est le grand spectacle du Finistère : pointe de Pen-Hir et ses Tas de Pois, cap de la Chèvre, plage de l’île Vierge aux eaux irréelles, port de Camaret-sur-Mer, une journée dense, à réserver aux lève-tôt, ou l’occasion d’une nuit sur place pour les plus contemplatifs. Deuxième option, plus douce : Bénodet et Sainte-Marine, les deux stations qui se font face à l’embouchure de l’Odet, pour une journée de bord de mer entre plages familiales et petits ports. Enfin, rien n’interdit une journée sans voiture du tout : les plages de Névez, le GR34 et une crêpe en terrasse composent très bien un septième jour.

© OUT Studio / Tourisme Bretagne

L’itinéraire avec des enfants

Cet itinéraire fonctionne particulièrement bien en famille, précisément parce que le camp de base évite les heures de voiture cumulées. Les plages de Raguénez et de Tahiti sont abritées et surveillées en saison ; les piscines naturelles de l’anse de Rospico à marée basse font office de pataugeoires géantes ; la traversée vers les Glénan est une aventure en soi ; le bac de Concarneau amuse autant que la Ville Close ; et le retour de pêche du Guilvinec vaut tous les parcs d’attractions. Pour les journées les plus longues (Pointe du Raz, Crozon), prévoyez les pique-niques et n’hésitez pas à écourter : dans le Finistère, une plage de repli n’est jamais loin.

Conseils pratiques pour une semaine dans le Finistère

La voiture est indispensable : les transports en commun desservent les villes principales, mais pas les criques, les pointes ni les villages. La meilleure période s’étend de mai à septembre, juin et septembre offrent le meilleur compromis entre météo, affluence et prix, tandis que juillet-août garantissent l’animation des marchés d’été et toutes les liaisons maritimes. Réservez les traversées vers les Glénan à l’avance en haute saison, ainsi que votre hébergement : le littoral du Finistère Sud affiche complet tôt.
Consultez les horaires de marée pour Rospico, Raguénez ou la découverte des ports,
et gardez un coupe-vent dans le sac même en plein été, c’est la Bretagne, et c’est aussi pour ça qu’on l’aime.
Enfin, pour rythmer la semaine au fil des étals, notre guide des marchés du Finistère Sud recense les jours et horaires de tous les marchés entre Concarneau et la ria du Bélon.

Où dormir pour cet itinéraire ?

Tout l’intérêt de cet itinéraire repose sur le choix du camp de base :
central, au calme, et face à la mer pour que chaque retour de visite ait un goût de récompense.
C’est exactement la position de l’hôtel-restaurant Ar Men Du, posé les pieds dans l’eau à Raguénez, sur la commune de Névez,
entre Concarneau et Pont-Aven. Les chambres regardent l’océan et l’île de Raguénez,
le restaurant met les produits de la mer à l’honneur, et le GR34 passe littéralement devant la porte. De là, tous les jours de cet itinéraire s’enchaînent sans stress, et les soirées se terminent face au coucher de soleil sur l’Atlantique. 
Réservez tôt pour l’été : les chambres face à la mer partent les premières.