La Bretagne compte des centaines d’îles, d’îlots et d’archipels répartis de la mer d’Iroise au golfe du Morbihan.
Impossible et sans intérêt de toutes les citer : les plus belles se reconnaissent à leur caractère, sauvage, fleuri, minéral ou paradisiaque.
Voici une sélection resserrée de six îles bretonnes qui incarnent chacune une facette différente de l’expérience insulaire,
avec pour chacune ses paysages, ses activités et les informations pour organiser la traversée.

L’île de Groix, la sauvage du sud Finistère

Seule île du Morbihan face à Lorient, Groix condense sur 8 kilomètres de long tout ce qui fait le charme d’une île bretonne. Sa plage des Grands Sables, convexe et arquée vers le large, est unique en Europe et se déplace lentement au fil des saisons. Sur la côte sud, le Trou de l’Enfer est une faille où la mer s’engouffre à marée haute, tandis qu’à la pointe ouest les falaises de Pen Men sont dominées par leur phare. On y goûte l’ambiance groisillonne dans les cafés colorés de Port-Tudy, le port d’arrivée. Le vélo est le moyen idéal pour parcourir l’île et passer d’une côte à l’autre en quelques coups de pédale.

La traversée de référence part de Lorient et dure environ 45 minutes, toute l’année. Depuis le sud Finistère, l’hôtel Ar Men Du à Névez constitue une base idéale pour rejoindre facilement l’embarcadère et faire l’aller-retour dans la journée.

© Tourisme Bretagne / Wheeled World

L’archipel des Glénan, les eaux turquoise de Bretagne

À une vingtaine de kilomètres au sud de Concarneau, l’archipel des Glénan offre un décor qui surprend en Bretagne : sable blanc, eau translucide et fonds cristallins qui lui valent le surnom de Caraïbes bretonnes. Sept îles principales enserrent un lagon aux eaux vert émeraude, dont l’île Saint-Nicolas, seule ouverte aux visiteurs. L’archipel abrite une réserve naturelle qui protège le narcisse des Glénan, une fleur rare qui s’observe au printemps, ainsi que la plus grande école de voile d’Europe, fondée en 1947.

Les Glénan se rejoignent uniquement en saison, d’avril à septembre. La traversée dure environ 20 à 30 minutes depuis la pointe de Trévignon à Trégunc, et de une heure à une heure trente depuis Concarneau ou Bénodet. L’archipel n’étant pas accessible en voiture, on s’y déplace à pied. Depuis Ar Men Du à Névez, c’est l’une des sorties phares, les ports de départ se trouvant à quelques minutes seulement.

© Tourisme Bretagne / Yannnick Derennes

Belle-Île-en-Mer, la plus grande et la plus variée

Située à une quinzaine de kilomètres de la presqu’île de Quiberon, Belle-Île porte bien son nom et reste la plus grande des îles bretonnes. Elle joue sur deux registres. Sa côte sauvage aligne des sites spectaculaires, les aiguilles de Port-Coton battues par les vagues, la grotte de l’Apothicairerie, les panoramas de Port-Goulphar. À l’opposé, ses plages abritées et ses villages offrent une facette plus douce, du port pittoresque de Sauzon à la ville du Palais, dominée par sa citadelle Vauban. Sa taille invite à y passer plusieurs jours pour en faire le tour sans se presser, à vélo, en voiture ou à pied.

On rejoint Belle-Île depuis Quiberon en une petite heure de traversée, avec des départs fréquents en saison.

© Tourisme Bretagne / Léa Guillotte

L’île de Bréhat, l’île aux fleurs

Dans les Côtes-d’Armor, à seulement dix minutes de bateau de la pointe de l’Arcouest, Bréhat mérite son surnom d’île aux fleurs. Son microclimat exceptionnellement doux fait pousser hortensias, agapanthes, mimosas et plantes méridionales en pleine terre bretonne. L’île a deux visages : au sud, les criques et les bâtisses de granit rose autour de Port-Clos ; au nord, des paysages plus sauvages et escarpés qui rappellent l’Irlande. On n’y circule qu’à pied ou à vélo, et le tour de l’île se fait facilement en une journée. Le moulin à marée du Birlot compte parmi les incontournables.

La traversée depuis la pointe de l’Arcouest, près de Paimpol, ne prend qu’une dizaine de minutes.

© Tourisme Bretagne / Thibaut Poriel

L’île d’Ouessant, la dernière terre avant l’Amérique

À l’extrême ouest de la Bretagne, au-delà de l’archipel de Molène, Ouessant est le dernier bout de terre avant l’Atlantique. Balayée par les vents et cernée de récifs, elle a hérité de surnoms évocateurs et d’une constellation de phares majestueux, dont le Créac’h et le Stiff, érigés pour prévenir les naufrages. Longue de 7 kilomètres, l’île est bordée de falaises impressionnantes et peuplée de petits moutons noirs, une race endémique. Ses maisons îliennes typiques, aux volets vifs, ajoutent au caractère de cette terre exposée aux éléments de la mer d’Iroise.

On accède à Ouessant en bateau depuis Brest, Le Conquet ou Camaret, en comptant de une à deux heures et demie selon le port, ou en avion depuis Brest.

© Tourisme Bretagne / Justine Hern

L’île aux Moines, la perle du golfe du Morbihan

Cinq minutes de traversée suffisent depuis Port-Blanc, à Baden, pour rejoindre l’île aux Moines, la plus vaste des îles du golfe du Morbihan. Protégée des houles de l’Atlantique dans cette petite mer intérieure, elle bénéficie d’un climat privilégié presque méridional qui nourrit une végétation luxuriante. On y flâne entre maisons basses de pêcheurs et hautes demeures de capitaines, sur des collines couvertes de bruyère et jusqu’au bois d’Amour. Un sentier fait le tour complet de l’île en un peu plus de quatre heures de marche, et le dolmen de Penhap rappelle l’ancienneté de son occupation. Très prisée en été, elle se savoure davantage hors saison.

© Tourisme Bretagne / Noémie Lefèvre

Comment choisir votre île bretonne

Le choix dépend surtout de l’expérience recherchée. Pour la nature sauvage et les grands espaces battus par le vent, Ouessant est imbattable. Pour les plages et la baignade dans une eau claire, les Glénan et Groix arrivent en tête. Pour la douceur d’un climat fleuri et une visite patrimoniale, Bréhat et l’île aux Moines sont idéales. Et pour une grande île à explorer sur plusieurs jours, entre côte sauvage et villages, Belle-Île s’impose.

Quelques principes valent pour toutes. Privilégiez le vélo ou la marche, la plupart de ces îles limitant ou interdisant la voiture. Réservez vos traversées à l’avance en haute saison, surtout en juillet et août. Enfin, visez l’intersaison si vous cherchez le calme : au printemps et en automne, les îles retrouvent leur tranquillité et une lumière superbe.