À une vingtaine de kilomètres au large de Concarneau, l’archipel des Glénan abrite la plus ancienne école de voile d’Europe.
Depuis 1947, les Glénans y forment des générations de marins, débutants comme confirmés,
entre eaux turquoise, plages de sable blanc et îlots presque déserts. Histoire de l’école,
îles où se déroulent les stages, formules proposées et accès depuis le continent :
voici l’essentiel pour comprendre ce lieu à part et préparer votre séjour en Finistère sud.
Une école née de la Résistance en 1947
L’histoire des Glénans commence au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Hélène et Philippe Viannay, tous deux anciens résistants, découvrent l’archipel en 1947 et décident d’en faire un lieu de refuge pour leurs compagnons de lutte. L’objectif est alors de permettre à des jeunes revenus du maquis ou de déportation de réapprendre à vivre ensemble, loin des villes.
La voile n’est pas encore la vocation première du projet. Elle s’impose pourtant très vite : naviguer entre les îles devient le cœur de la vie collective, puis une véritable méthode d’apprentissage. Philippe Viannay lance les initiatives, Hélène les structure et donne à l’association les bases qui lui permettent de durer.
En 1961, l’école publie le premier Cours des Glénans. Ce manuel de navigation devient rapidement une référence, en France comme à l’étranger, et accompagne encore aujourd’hui de nombreux plaisanciers. En rendant la voile accessible au plus grand nombre, les Glénans ont largement contribué à démocratiser la plaisance en France.
Les Glénans aujourd’hui : une référence de l’enseignement de la voile
Plus de soixante-quinze ans après sa création, l’école reste fidèle à son esprit d’origine. Les Glénans sont une association loi 1901, reconnue d’utilité publique et agréée par le Ministère des Sports. Elle accueille environ 15 000 stagiaires et moniteurs chaque année.
L’association s’est développée au-delà de l’archipel et compte aujourd’hui cinq bases en France, dont l’île d’Arz dans le golfe du Morbihan, Marseillan dans l’Hérault et Bonifacio en Corse. La Bretagne reste son centre de gravité, et l’archipel des Glénan son lieu fondateur.
Ce qui distingue l’école tient autant à sa pédagogie qu’à ses valeurs : bénévolat, vie en collectivité, solidarité et autonomie. Une grande partie de l’encadrement repose sur des moniteurs bénévoles, souvent d’anciens stagiaires qui transmettent à leur tour ce qu’ils ont appris.
© Tourisme Bretagne / Derennes Yannick
Les îles de l’école dans l’archipel
Dans l’archipel, l’école est installée sur quatre îles : Penfret, Bananec, Drenec et Cigogne. Il n’y a ni voitures ni commerces, l’eau douce et l’énergie sont comptées, et la journée se règle sur la météo et les marées. Pour beaucoup de stagiaires, cette déconnexion totale fait partie de l’expérience autant que la navigation.
Penfret
Penfret est l’une des plus grandes îles de l’archipel et l’un des deux points d’accostage des stagiaires à leur arrivée. Son phare et ses landes dominent le plan d’eau, et ses criques servent de terrain d’entraînement aux dériveurs et catamarans.
Bananec et Drenec
Plus petites, Bananec et Drenec accueillent elles aussi des stages. Bananec est reliée à Saint-Nicolas à marée basse par un banc de sable, tandis que Drenec, au nord de l’archipel, offre un cadre plus isolé.
Cigogne
L’île Cigogne porte le fort Cigogne, construit au XVIIIe siècle pour protéger l’archipel des corsaires. Il se trouve au bord de la Chambre, le lagon abrité au centre de l’archipel, dont les eaux claires et peu profondes sont idéales pour apprendre.
© Tourisme Bretagne / Garin Louise
Quel stage choisir aux Glénans ?
L’école propose des stages pour les 12-17 ans et pour les adultes, avec plusieurs niveaux de pratique allant de la découverte au perfectionnement. Aucun prérequis n’est demandé pour les premiers niveaux : une part importante des stagiaires n’a jamais navigué avant d’arriver.
Plusieurs supports sont proposés :
- La croisière, activité historique et principale de l’école, pour apprendre à mener un voilier habitable en équipage, du matelotage à la navigation côtière.
- Le dériveur, petit voilier sans cabine, idéal pour comprendre les bases du vent et des réglages.
- Le catamaran, plus rapide et plus sportif, qui demande coordination et réactivité.
- La planche à voile et le wingfoil, pour ceux qui préfèrent la glisse en solo.
Les stages durent généralement une à deux semaines. Le choix du support dépend de vos envies : la croisière privilégie la vie à bord et l’esprit d’équipage, la voile légère les sensations et la technique.
© Tourisme Bretagne / Dequin Nicolas
Comment se déroule un stage
Une journée type alterne séances de navigation, briefings à terre et moments de vie commune. Les stagiaires participent aux tâches quotidiennes : préparation des repas, entretien du matériel, rangement des bateaux. Cette organisation fait partie de la pédagogie : on apprend à naviguer autant qu’à vivre en groupe.
Les moniteurs adaptent les sorties aux conditions du jour. Par vent fort, la séance peut se transformer en atelier de matelotage ou en cours théorique. Par beau temps, les navigations s’étendent dans tout l’archipel, jusqu’aux îles extérieures.
À l’arrivée, l’école se charge de transférer chaque stagiaire depuis son point d’accostage jusqu’à l’île de son stage.
© Tourisme Bretagne / Berthier Emmanuel
Rejoindre l’école depuis Concarneau
Les stagiaires rejoignent l’archipel avec les Vedettes de l’Odet au départ du port de plaisance de Concarneau.
La traversée se réserve en ligne, en aller simple (20 €) ou en aller-retour (35,10 €), et accoste à Penfret ou à Saint-Nicolas selon le stage.
Le départ a lieu en général à 15 h, avec un rendez-vous au bateau 30 minutes avant, billets électroniques en main.
Au retour, la vedette quitte les îles vers midi et arrive à Concarneau entre 13 h 30 et 14 h.
En train, deux options : descendre à Rosporden puis prendre le bus n°4 jusqu’au port de Concarneau,
ou descendre à Quimper puis prendre les bus 43 ou 47.
Si vous enchaînez avec un train au retour, prévoyez un départ après 15 h 30.
Avec un départ en milieu d’après-midi, arriver la veille évite de courir après les horaires.
À une vingtaine de minutes du port de Concarneau, l’hôtel Ar Men Du à Névez permet de passer une première nuit face à la mer,
toutes les chambres ayant vue sur l’océan, avant de rejoindre tranquillement l’embarcadère.
Et pour ceux qui restent à terre ?
Un stage aux Glénans est aussi l’occasion de découvrir le Finistère sud pour les familles et les proches qui accompagnent un stagiaire.
Les Vedettes de l’Odet proposent des traversées vers Saint-Nicolas, la seule île de l’archipel ouverte librement au public,
avec escale libre ou croisière commentée : de quoi apercevoir les îles de l’école depuis le pont.
Découvrez également notre article sur : Que faire aux îles Glénan ?
Sur le continent, le sentier côtier GR34 longe les criques de Raguenez et de Port Manec’h, à quelques kilomètres de Concarneau et de Pont-Aven. Installé sur la presqu’île de Raguenez, Ar Men Du offre un accès direct à la plage et au GR34,
ce qui en fait une base pratique pour les proches pendant la durée du stage.
Au retour du stagiaire, le restaurant de l’hôtel, distingué par une étoile verte au Guide Michelin, se prête bien à un dîner de fin de stage.
Questions fréquentes
À partir de quel âge peut-on faire un stage aux Glénans ?
L’école accueille les stagiaires dès 12 ans, avec des stages dédiés aux 12-17 ans et d’autres réservés aux adultes.
Faut-il savoir naviguer pour s’inscrire ?
Non. Les premiers niveaux sont conçus pour les débutants complets. Il faut en revanche être à l’aise dans l’eau.
Quand ont lieu les stages dans l’archipel ?
Les stages se déroulent principalement du printemps à la fin de l’été, en lien avec la saison des liaisons maritimes vers les îles.